Arts (cinéma) et écocritique. Formes de la catastrophe, d’Asie et d’ailleurs

ENS de Lyon 
15 Parvis René Descartes 69007 Lyon
Théâtre Kantor

Depuis les textes pionniers de Rachel Carson (Silent Spring, 1962) définissant son champ et les premiers usages en études littéraires du terme « écocritique » (Barry, Rueckert 1978) jusqu’aux interrogations actuelles sur la perspective écocritique en arts après l’accélération du réchauffement climatique et les catastrophes violentes en chaîne de ces vingt dernières années (Fukushima, crises de la biodiversité, fonte des glaciers et de la calotte glaciaire, méga-feux, typhons, inondations et glissements de terrain, etc.), l’esthétique a été profondément reconfigurée par les enjeux environnementaux. L’ambition de ce colloque est de proposer un espace de réflexion collectif pour ces enjeux contemporains de l’écocritique, en choisissant trois accentuations de ce champ problématique. Tout d’abord, en plaçant le cinéma au cœur d’une réflexion esthétique qui le dépasse largement, pour partir du statut de son statut d’art prototypique de l’anthropocène (Jennifer Fay 2019). Ensuite en prenant au sérieux la nécessité d’une pensée locale, et donc en partant des questionnements esthétiques qui parcourent le champ des études aréales asiatiques de notre laboratoire l’Institut d’Asie Orientale. Enfin, en plaçant au cœur de nos réflexions la question de la catastrophe et de la manière dont elle atteint nos formes de vie.

De nombreuses recherches ont démontré la valeur heuristique de l’étude des catastrophes et de leur présence dans la culture visuelle et artistique en général. Ressaisie par « l’évènement anthropocène » (Bonneuil/Fressoz 2013), la réflexion sur la représentation des catastrophes environnementales nous invite à penser « l’habitabilité du monde » (Lussault 2013) comme critère premier de mesure et de compréhension de notre rapport au monde. Dans un monde durablement abîmé le cinéma et les autres arts sont conduits aux limites des logiques « représentationnelles » et mis au défi de nous réapprendre à percevoir, à voir, à comprendre notre rapport à ce monde aux coordonnées bouleversées (Timothy Morton 2013).

Cette manifestation scientifique aura comme pour double objectif de témoigner de la pluralité des formes artistiques mettant en scène des formes de vies abîmées et transformées par les catastrophes environnementales, climatiques, politiques (souvent de manière intriquée) et de créer un espace commun de réflexion sur les enjeux de l’écocritique dans le champ des humanités environnementales. Il s’agira enfin de considérer les enjeux éducationnels de l’écocritique : comment les modulations esthétiques du registre de l’attention et de la perception modifient notre compréhension et notre manière de nous lier à soi-même, aux autres (humains et non-humains) et au monde.

Le pari consiste à chercher dans l’écocritique comme méthode de lecture des œuvres à l’aune de leurs enjeux environnementaux des réponses ou des expressions possibles des grandes questions des humanités environnementales. En explorant les relations entre productions esthétiques et environnement et en dotant l’étude des textes, des images, des sons et des films d’outils analytiques l’écocritique s’imposerait comme le lieu de contributions majeures au débat sur l’anthropocène.

En outre, l’exploration de ces questions à partir de l’ère asiatique répond à la nécessité d’ordonner aujourd’hui l’esthétique de l’anthropocène au local, au proche, à l’ordinaire, en réponse à l’esthétique du sublime qui domine les « représentations de la catastrophe » depuis le XVIIIème siècle (Fressoz 2016). Cette focalisation permettra d’aborder différents problématiques environnementales et climatiques (le nucléaire, les tremblements de terre, tsunamis, typhons, glissements de terrain, montées des eaux) et politiques (spoliations des terrains, destructions des habitats, déforestation, colonisation).

Les contributions pourront enrichir plusieurs axes de recherches, parmi lesquels :

1. Habiter après la catastrophe : vulnérabilité et care pour le monde

L’étude des œuvres de l’après catastrophe est une invitation à questionner les discours sur le risque et sur la résilience des populations (Beck, Tronto), à réfléchir la vulnérabilité de nos formes de vie (Veena Das). Si le risque et la résilience expriment le désir de l’individu et des communautés de retrouver les conditions d’avant la catastrophe, elles tendent cependant à « [manquer] de finesse quant à la reconstruction du contexte historique » et à masquer les « causes profondes » (Parrinello 2016) de la catastrophe.

2. Penser le temps et l’espace de et après la catastrophe

Si les catastrophes naturelles ont souvent déterminé un espace politique de réponse modifiant notre rapport à l’interprétation et à la mémoire des causes, elles impliquent aussi une refonte de notre rapport à la permanence du monde naturel. L’après impose de réfléchir à une double temporalité : d’abord celle particulière de la reconstruction composée des temps de réponse, de préparation et de gestion de la crise ; puis celle de la survivance des conséquences dans l’espace social et politique.

3. Les chemins du retour

On pourra s’intéresser au motif du retour des habitants, des corps, des communautés dans ces lieux sinistrés et ravagés, dans les arts. Ce chemin du retour implique une renégociation douloureuse entre l’individu et l’environnement modifié. Interroger ce moment et sa manifestation dans le cinéma documentaire et fictionnel ou dans la littérature, permettrait de dessiner les contours d’un type de récit particulier et dont l’approche écopoétique met en évidence toute la complexité esthétique.

4. Personnages écocritiques et genres artistiques

Stéphanie Posthumus (2014) envisage un déplacement de la notion du sujet environnemental vers l’idée d’un personnage écologique marquant l’épuisement de l’influence du modèle scientifique sur l’écocritique. Le concept de personnage écocritique, issu plutôt de l’analyse littéraire, constitue un outil intéressant pour comprendre l’apparition et le rôle des personnages de documentaires et de fiction post-catastrophe. On peut penser plus spécifiquement aux fonctions narratives, sémantiques et politiques de représentations des communautés écologiques, groupes d’individus ayant, en plus de leur appartenance à une ethnie, à un pays, à une région spécifique, en commun le fait d’être menacé par l’environnement.

Laboratoires organisateurs :
Institut d’Asie Orientale (CNRS-UMR5062)
Institut Acte – Paris 1 Panthéon-Sorbonne (EA 7539)
CERCC – ENS de Lyon (EA 1633)

Comité scientifique :
Catherine Larrère (présidente, Univ. Paris 1), Vincent Amiel (Univ. Paris 1), Stéphane Grumbach (ENS Lyon), Teresa Castro (Univ. Paris 3), Livia Monnet (Univ. Montréal), Bénédicte Meillon (Univ. Perpignan), Lucia Ramos Monteiro (Univ Federal Fluminense).

Bibliographie indicative :

AMIEL Vincent et MOURE José, Histoire vagabonde du cinéma, Paris, Vendémiaire, 2020.

AUMONT Jacques, Doublures du visible : voir et ne pas voir au cinéma, Villeneuve-D’ascq, PU du Septentrion, 2021.

ALLARD Laurence, MONNIN Alexandre (dir.), Anthropocène et effondrement, Paris, PUF, 2020.

BERQUE Augustin, Milieu, co-suscitation, désastres naturels et humains, Ebisu, 47, 2012, p. 41-48.

BLANC Nathalie, Vers une esthétique environnementale, Nancy, Quae, 2008.

BLANC Nathalie, RAMOS Julie, Écoplasties : Art et environnement, Paris, Manuella, 2010.

BONNEUIL Christophe et FRESSOZ Jean-Baptiste, L’Evenement Anthropocène, Paris, Seuil, 2013.

BRENEZ Nicole, Manifestations, Grenoble, De L’Incidence, 2016.

BUELL Lawrence, The Future of Environmental Imagination, Malden, Blackwell Press, 2005.

CASTRO Teresa, PITROU Perig, REBECCHI Marie, Puissance du végétal et cinéma animiste : La vitalité révélée par la technique, Les Presses du réel, Dijon, 2020.

CLARK Timothy, The Value of Ecocriticism, Cambridge University Press, Cambridge, 2019.

DOMENACH Élise, Fukushima en cinéma. Voix du cinéma japonais / Fukushima in Film. Voices from the Japanese Cinema, Tōkyō, University Tōkyō Press UTCP Booklet, 2015.

FAY Jennifer, Inhospitable world: cinema in the time of the Anthropocene, New York, Offord University Press, 2018.

FRESSOZ Jean-Baptiste, L’Apocalypse joyeuse : une histoire du risque technologique, Paris, Éditions du Seuil, 2012.

_ « L’anthropocène et l’esthétique du sublime », Sublime. Les tremblements du monde, Metz, Centre Pompidou-Metz, 2016, p.44-49.

GAARD Greta, ESTOK Simon C., OPPERMAN Serpil, International Perspectives in Feminist Ecocriticism, Londres, Routledge, 2013.

HUGHES Helen, Radioactive Documentary. Filming the Nuclear Environment after the Cold War, Bristol, Intellect Books, 2021.

LARRERE Catherine et Raphaël, Le pire n’est pas certain, Paris, Premier parallèle, 2020.

LUSSAULT Michel, L’avènement du monde. Essai sur l’habitation humaine de la terre, Paris, Seuil, 2013.

MACE Marielle, Nos cabanes, Verdier, 2019.

_ (dir.) « Vivre dans un monde abîmé », Critique n°860-861, janv-févr 2019.

MARRAN Christine L., Ecology without Culture: Aesthetic for a Toxic World, Minneapolis, University of Minneasota Press, 2017.

MORTON Timothy, Hyperobjets : philosophie et écologie après la fin du monde, Paris, Cité du design, 2018 (2013).

MURRAY Robin L., HEUMANN Joseph K., Film and Everyday Eco-Disasters, Lincoln, University of Nebraska Press, 2014.

NIXON Rob, Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, Cambridge, Harvard University Press, 2011.

POSTHUMUS Stéphanie, « Ecocritique et ecocriticism. Repenser le personnage écologique », La pensée écologique et l’espace littéraire, Mirella Vadean et Sylvain Davir (dir.), « Figura », n° 36, 2014.

WILLOQUET-MARICONDI Paula, Framing the World: Explorations in Ecocriticism and Film, Charlottesville, University of Virginia Press, 2010.

Appel à contributions – La vieillesse en Chine et en France

En 1970, lorsque Simone de Beauvoir publie son monumental essai La vieillesse, 12% de la population française a plus de 65 ans, la plus forte proportion au monde à l’époque, et la catégorie « vieux » est floue et niée par la société. De l’autre côté du continent eurasien, la Chine met en place des mesures de restriction des naissances et l’espérance de vie atteint tout juste 60 ans. Un demi-siècle plus tard, le vieillissement de la population française se poursuit. Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 19,6 % de la population, et une nouvelle génération de centenaires émerge. La Chine connaît la même transition démographique, mais à un rythme accéléré. Dans les deux pays, la vieillesse et le vieillissement sont scrutés par les spécialistes sous tous les aspects : biologique, psychologique, économique, politique, sociologique… Notre projet vise à aborder le sujet avec un regard distancié et approfondi : l’expression et la représentation de la vieillesse dans les langues, la littérature et les arts visuels, ainsi que leur évolution.

La représentation de la vieillesse varie selon l’époque et la culture. En Occident, jusqu’au XVIIe siècle, les images de la vieillesse sont marquées par le pessimisme : les facultés physiologiques du vieillard sont réduites et affaiblies. Il est dépendant de ses proches. Dans les pièces de Molière, les vieux sont surtout avares et ridicules. Le ton commence à changer avec les Lumières. La bienveillance et la tendresse à l’égard de la vieillesse s’expriment en littérature. L’âge avancé est plus souvent associé à la sagesse : « elle est un acquis spirituel des plus précieux, le terme harmonieux et la finalité accomplie d’une plénitude » (Montandon, 2004, p. 6) De nos jours, la place des personnes âgées a encore évolué : l’autonomie devient un sujet important de la société, et on prône une vieillesse active et consommatrice, alors que le phénomène de l’âgisme, cette forme particulière de discrimination envers les personnes âgées, a considérablement diminué (Bizzini, 2017). Néanmoins, ce tableau d’un âge d’or ne peut entièrement occulter une forme de rejet, ou plutôt de peur de cette dernière phase de la vie. La médecine s’efforce de repousser l’âge de la vieillesse et la chirurgie esthétique tente à tout prix d’en masquer tous les signes.

En Chine, au contraire, les personnes âgées sont traditionnellement vénérées, conformément à la pensée confucéenne qui considère la piété filiale comme une vertu cardinale. Le respect des aînés est un gage de bonne conduite. La longévité est recherchée selon les principes taoïstes grâce à la méditation, au contrôle du souffle, au mode de vie, à la pratique de la musique, de la peinture ou des échecs. Cependant, face à l’impact économique et sociétal du vieillissement rapide de la population, ces valeurs, si profondément ancrées dans les mentalités, semblent évoluer. Les foyers composés de trois ou quatre générations sous le même toit se font plus rares. Certaines personnes âgées vivant à la campagne se retrouvent presque abandonnées, oubliées, malgré leurs sacrifices pour la famille et la société, comme en témoigne un ouvrage récent, Le nid vide : je suis seul au monde (空巢:我在这世上太孤独) de Yi Zhou 弋舟 (2020).

Nous absorbons les impressions, les idées, les images et les sons qui expriment les valeurs dominantes d’une société et conditionnent à leur tour nos pensées. Les mots et les expressions, reflets de nos représentations sociales, culturelles et psychologiques, sont les meilleurs témoins de ces évolutions : en 1985, en France le mot « vieux » est remplacé par « personne âgée » dans les textes de loi, qui, à leur tour, sont appelés à laisser place aux termes « aîné » ou « senior » selon les recommandations des professionnels de soins gérontologiques (Les mots du bien vieillir de la Fondation Korian). En chinois, à côté de « 尊老 » « 敬老 » (respecter les aînés), sont apparues des expressions comme « 啃老 » (littéralement « rongeur des vieux », désigne les adultes dépendant de leurs parents sur le plan financier), qui reflètent une toute nouvelle réalité économique et sociétale.

Les personnes âgées sont également présentes sous forme littéraire ou cinématographique. Leurs portraits, au premier plan ou discrets, souvent ambivalents, reflètent le regard de la société sur cet âge de la vie ainsi que les préoccupations, les changements de point de vue et la prise de conscience de la temporalité et de la finitude qu’il entraîne (pour la Chine, voir http://www.chinese-shortstories.com et http://www.chinesemovies.com.fr).

L’objet de cet appel à contribution est d’analyser les représentations discursives, médiatiques, littéraires et cinématographiques de la vieillesse aujourd’hui ou dans un passé proche ou lointain en vue de la publication d’un ouvrage collectif aux éditions Peter Lang. Les études pourront se concentrer sur le monde sinophone, la France ou adopter une approche comparative. On pourra s’attacher par exemple aux notions de filiation, d’intergénérationnel, de mémoire et de care.

Comité scientifique / Scientific Committee : 

– Martine Boyer-Weinmann
– Vincent Caradec
– Corrado Neri
– Luisa Prudentino
– Isabelle Thireau 
– Wu Ming
– Zhang Xiaoyi
– Zheng Tuyou  

Indicative bibliography / Bibliographie indicative

Adler, Laure, La voyageuse de nuit, Paris, Grasset, 2020
Albou, Philippe, L’image des personnes âgées à travers l’histoire, 2002
Attané, Isabelle, La Chine à bout de souffle, Paris, Fayard, 2016
Attané, Isabelle, Au pays des enfants rares, Paris, Fayard, 2011
Beauvoir, Simone de, La vieillesse, Paris, Gallimard, 1970
Bizzini, Lucio, « L’âgisme  :  une forme de discrimination qui porte préjudice aux personnes âgées et prépare le terrain de la négligence et de la violence », Gérontologie et société 2007/4 (vol. 30 / n° 123), p. 263-278
Bois, Jean-Pierre, Histoire de la vieillesse, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1989
Bois, Jean-Pierre, Les vieux, de Montaigne aux premières retraites, Paris, Fayard, 2014
Boyer-Weinmann, Martine, Vieillir, dit-elle : Une anthropologie littéraire de l’âge, Ceysérieu, Champ Vallon, 2013
Caradec, Vincent, Sociologie de la vieillesse et du vieillissement, Paris, Armand Colin, 2015
Deschavanne, Éric et Pierre-Henri Tavoillot, Philosophie des âges de la vie. Pourquoi grandir ? Pourquoi vieillir ?, Paris, Grasset, 2007
Détambel, Régine, Le syndrome de Diogène : éloge des vieillesses, Arles, Actes Sud, 2007
Godelier, Maurice ; Jullien, François et al., Le grand âge de la vie, Paris, Presses Universitaires de France, 2005
Harper, Sarah, Aging Societies: Myths, Challenges and Opportunities, Londres, Hodder Arnold, 2005
Keiming, Rose K., Growing Old in a New China: Transitions in Elder Care, Rutgers University Press, 2021
Laughlin, Charles A., “Images of Aging and the Aesthetic of Actuality in Chinese Film: Reportage, Documentary, and the Art of the Real”, Modern Chinese Literature and Culture, Vol. 31, No. 2 (FALL, 2019), p. 207-248
Montandon, Alain (dir.), Écrire le vieillir, Clermont-Ferrand, PU Blaise Pascal, 2005
Montandon, Alain (dir.), Les mots du vieillir, Clermont-Ferrand, PU Blaise Pascal, 2004
Rochot, Justine, Bandes de vieux : une sociologie des espaces de socialisation de jeunes retraités en Chine urbaine contemporaine, thèse sous la direction d’Isabelle Thireau et Tania Angeloff, EHESS, 2019
Sauveur, Yannick, Les représentations médiatiques de la vieillesse dans la société française contemporaine : ambiguïtés des discours et réalités sociales, Université de Bourgogne, 2011
Silbergeld, Jerome, “Chinese Concepts of Old Age and Their Role in Chinese Painting, Painting Theory, and Criticism”, Art Journal, Vol. 46, No. 2, Old-Age Style (Summer, 1987), p. 103-114
Skagen, Margery Vibe (ed.), Cultural Histories of Ageing: Myths, Plots and Metaphors of the Senescent Self, Routledge, 2021
Small, Helen, The Long Life, Oxford UP, 2010
Yi Zhou 弋舟, 《空巢:我在这世上太孤独》, 上海文艺出版社, 2020

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La caricature en Asie orientale : circulations et regards croisés

La caricature en Asie orientale : circulations et regards croisés

La caricature peut se définir comme une œuvre graphique qui, par l’amplification, le décalage ou encore le détournement, transgresse les codes figuratifs et esthétiques habituels d’une aire culturelle donnée. La situation d’un personnage, la présence de certains attributs, voire la déformation graphique, peuvent contribuer à cette forme de subversion.

L’étude de la satire graphique, et plus spécifiquement de la caricature sous toutes ses formes, a connu un essor considérable ces vingt dernières années. La France a été particulièrement concernée pour des raisons qui tiennent notamment à l’actualité marquée par les attentats contre des dessinateurs de presse. La caricature n’est cependant pas une création récente et elle ne constitue pas non plus une spécificité de l’Occident. Comme le montre l’ouvrage Asian Punches: A Transcultural Affair (Hans Harder & Barbara Mittler (dir.), Springer, 2013), les dessins de presse se sont répandus dans le monde entier à partir du XIXe siècle et ils relèvent dès cette époque d’un imaginaire global, annonçant la mondialisation actuelle de la satire visuelle par le biais d’internet. Par ailleurs, des ouvrages comme Ukiyo-e Caricatures dirigé par Noriko Brandl et Sepp Linhart (Brill, 2013) ou Ôtsu-e : Imagerie populaire du Japon de Christophe Marquet (Picquier, 2015) n’hésitent pas à qualifier de « caricatures » des estampes japonaises aux contenus satiriques et humoristiques, produites dès la seconde moitié du XIXe siècle. L’immédiateté de ces images, leur efficacité, et leur caractère souvent polémique, qui attira parfois sur leurs auteurs les foudres du pouvoir et leur fit préférer l’anonymat, ne palissent pas face à leurs homologues plus tardives.

Ce numéro d’Extrême-Orient, Extrême-Occident s’inscrit dans le sillage de tels travaux et vise à mettre au jour l’existence et les modalités d’une satire visuelle en Asie de l’Est, hier et aujourd’hui, à travers les dimensions satirique, comique, parodique, ironique ou encore critique de l’image. Il s’agit d’étudier les emprunts, les réappropriations, les adaptations et circulations au sein d’une approche transculturelle Est/Ouest, mais également intra-asiatique. On tiendra également compte de la spécificité des médias et des modes de diffusion, ainsi que de l’hétérogénéité des contextes et de la culture visuelle des pays concernés dans leur profondeur historique.

Nous attendons donc des contributions portant sur des périodes et des aires géographiques variées comme la Chine et Taiwan, le Japon, la Corée et le Vietnam, qui pourront relever de disciplines aussi diverses que l’histoire de l’art, la théorie des médias, l’histoire sociale, politique et culturelle, la psychanalyse ainsi que la littérature.

Les propositions d’articles, en anglais ou en français, seront adressées aux deux rédacteurs en chef de la revue : matthias.hayek@ephe.psl.eu et pierre-emmanuel.roux@u-paris.fr, ainsi qu’aux coordinateurs du numéro : marie.laureillard@univ-lyon2.fr et laurent.baridon@univ-lyon2.fr.

Les personnes qui envisagent de proposer une contribution sont invitées à se manifester en donnant un titre provisoire et un résumé, avant le 31 mai 2021.

Les manuscrits complets sont attendus au plus tard le 30 septembre 2021 et doivent suivre les consignes indiquées ici : https://journals.openedition.org/extremeorient/738.

Caricature in East Asia : Circulations and Crossed Perspectives

Caricature can be defined as a graphic work which, through exaggeration, incongruity or reversal, transgresses the usual figurative and aesthetic codes of a given cultural area. The situation of a character, the presence of certain attributes, or even graphic distortion, can contribute to this form of subversion.

The study of graphic satire, and more specifically of caricature in all its forms, has grown considerably over the last twenty years. France has been particularly involved in this field due in particular to the recent attacks on press cartoonists. However, caricature is neither a recent creation nor a feature unique to the West. As the book Asian Punches: A Transcultural Affair (Hans Harder & Barbara Mittler (eds.), Springer, 2013) shows, newspaper cartoons spread around the world from the 19th century onwards, and from then on they became part of a global worldview, foreshadowing the current globalisation of visual satire via the Internet. Moreover, works such as Ukiyo-e Caricatures directed by Noriko Brandl and Sepp Linhart (Brill, 2013) or Christophe Marquet’s Ôtsu-e : Imagerie populaire du Japon by (Picquier, 2015) do not hesitate to describe Japanese prints with satirical and humorous content, produced from the second half of the 19th century, as « caricatures ». The immediacy of these images, their effectiveness and often polemical nature, which sometimes drew the wrath of power upon their authors and made them prefer anonymity, do not pale in comparison with their later counterparts.

This issue of Extrême-Orient, Extrême-Occident follows in the wake of such works and aims to shed light on the existence and modalities of visual satire in East Asia, both past and present, through the comic, parodic, ironic and critical dimensions of the image. Our aim is to explore the borrowings, reappropriations, adaptations, and circulations within a East / West transcultural space, but also through an intra-Asian approach. The specificity of the media and the modes of diffusion will also be considered, as well as the heterogeneity of the contexts and different visual cultures of the countries in question in their historical in depth.

We are therefore expecting contributions covering various periods and different countries such as China and Taiwan, Japan, Korea and Vietnam, which may come from disciplines as diverse as art history, media theory, social, political and cultural history, psychoanalysis, and literature.

Proposals for papers, in English or French, should be addressed to the two chief editors, matthias.hayek@ephe.psl.eu and pierre-emmanuel.roux@u-paris.fr, as well as to marie.laureillard@univ-lyon2.fr and laurent.baridon@univ-lyon2.fr, guest editors for this issue.

If you are interested in contributing to this issue, the editors kindly ask you to submit a tentative title and an abstract before May 31, 2021.

Full manuscripts should be submitted no later than September 30, 2021 and follow the submission guidelines outlined here: https://journals.openedition.org/extremeorient/739.

Appel à communication. Seconde édition « Assises de l’Anthropologie Française des Mondes Chinois »

Les premières « Assises de l’Anthropologie de la Chine en France », qui se sont tenues les 6, 7 et 8 septembre 2017 à l’INALCO, ont rassemblé trente chercheurs et ont permis de réunir les anthropologues français et francophones spécialistes de diverses facettes du monde chinois provenant de différentes institutions. Ces rencontres ont aussi favorisé l’émergence de nouveaux réseaux tout en donnant l’occasion de souligner la diversité des recherches et des terrains. C’est pourquoi cette expérience va être renouvelée dans une seconde édition prévue pour les 16, 17 et 18 juin 2021, et sous un nouvel intitulé : « Assises de l’Anthropologie Française des Mondes Chinois » (AAFMC). L’expression « les mondes chinois » vise à englober tout aussi bien les sociétés chinoises des deux républiques – RPC et Taiwan –, les sociétés minoritaires et les diasporas anciennes ou plus récentes à l’échelle du monde.

Envisagé comme un état des lieux et un espace d’échange pour les recherches en langue française en ethnologie des mondes chinois, ce colloque est ouvert à l’ensemble des spécialistes dont les recherches, basées sur des enquêtes de terrain et menées en langues vernaculaires, s’inscrivent pleinement dans une démarche ethnographique. L’objectif premier de ces rencontres est d’abord disciplinaire et vise à mettre en avant l’apport de l’anthropologie française sur les mondes chinois. Il s’agira aussi de montrer comment elle contribue à l’anthropologie en général et à la sinologie. Les difficultés et les exigences particulières des enquêtes en terrains chinois seront débattues. Les doctorants et les anthropologues sinologues spécialistes de toutes les composantes du monde chinois auront ainsi l’occasion de discuter ensemble de leurs recherches. À l’issue du colloque, des actes réunissant une sélection d’articles seront publiés.

Le colloque se tiendra en session plénière pour que tous les participants puissent assister à l’ensemble des interventions. Les communications de 20 minutes par personne seront suivies de dix minutes de questions. Des ateliers et tables rondes thématiques seront prévues selon les propositions reçues, les participants sont libres de proposer les thèmes d’interventions qui leur tiennent à cœur.

Une aide logistique pour les transports pourra être fournie aux doctorants venant de province ou de pays européens qui en feront la demande.

Nouveau planning :

– 18 décembre 2020 : rediffusion de l’appel AAFMC
– 1er février 2021 : clôture de réception des propositions d’intervention
– 12 février 2021 : envoi des acceptations de participation
– 16, 17 et 18 juin 2021 : colloque (auditorium de l’INALCO, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris)

Les propositions sont à envoyer à l’adresse suivante : appel.aafmc.2020@gmail.com

Comité d’organisation :

Catherine Capdeville-Zeng (CNRS FRE 2025 IFRAE, INALCO)
Caroline Bodolec (CNRS UMR 8173 CCJ, EHESS)
Gladys Chicharro (EA 3971 EXPERICE, Université Paris 8)
Adeline Herrou (CNRS UMR 7186 LESC, Université Paris Nanterre)
Claire Vidal (CNRS UMR 5062 IAO, Université Lumière Lyon 2)

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Appels à contribution. La nuit à la croisée des arts et des cultures : perceptions, imaginaires, représentations

La nuit exerce sur l’être humain une fascination variée allant des peurs engendrées à l’exacerbation des sens pour en percevoir les contours. Les artistes n’y échappent pas et leurs démarches, œuvres et commentaires révèlent des impressions et conceptions visant à saisir ce qui est tout à la fois familier et garant d’un mystère. Quelles que soient les civilisations dont ces derniers sont issus, en Orient comme en Occident, transparaît inévitablement une vision personnelle, intime et révélatrice, qui renvoie dans un premier temps à la perception. « Quand, par exemple, le monde des objets clairs et articulés se trouve aboli, notre être perceptif amputé de son monde dessine une spatialité sans chose. C’est ce qui arrive dans la nuit », écrit Merleau-Ponty (Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 328).

Avec le jour, impressions et interrogations perdurent. Issus de l’observation, les éléments repérés ont-ils un rôle, un lien entre eux ? Faut-il les considérer comme une alchimie dont les secrets sont à découvrir ? L’imagination est-elle, en ce qui concerne cette interrogation, source de connaissance, voire de vérité ? Ainsi, la lune, si ambivalente, tantôt maléfique, tantôt bienveillante, incarnée chez les Romains par la déesse Hécate aux trois visages, et qui en Extrême-Orient suscite une contemplation admirative et inspire les lettrés, ne joue-t-elle qu’un rôle symbolique lorsqu’elle est présente dans une œuvre ?

Dès qu’il est question de la nuit, la frontière entre perception et imaginaire devient ténue. On pense à ces moments d’apparitions et de métamorphoses décrits par le poète Novalis dans ses Hymnes à la nuit : « Plus divins que les étoiles scintillantes nous semblent les yeux infinis que la nuit a ouverts en nous ». L’ambivalence de la nuit apparaît comme étant d’une part libération, moment de lâcher-prise favorable à l’inspiration, et d’autre part synonyme d’ennui, de méditation ou de mort. N’est-ce pas la situation décrite par Guy Debord en 1978 lorsqu’il constate que in girum imus nocte et consumimur igni (Locution latine palindrome faisant référence aux papillons de nuit qui tournent autour de la chandelle avant de s’y brûler : « nous tournons en rond dans la nuit et sommes dévorés par le feu ») dans son film éponyme ?

Au demeurant, l’entrelacs entre perception et imaginaire se densifie dès lors que la représentation de la nuit intervient. Que penser de cette Reine de la nuit dans La Flûte enchantée de W. A. Mozart, dont chacune des apparitions dans l’œuvre sont marquantes, sans appel et terminées par un rire glaçant ? Se rapproche-t-on de ce moment dès lors qu’une œuvre lui est dédiée ? Que signifie composer et jouer un nocturne ? Le renversement du temps à Minuit (comme l’écrit Mallarmé dans Igitur) opère-t-il dans les Noces de Stravinsky ou bien dans une représentation d’une nuit de sabbat, ne serait-ce qu’en songe ? Le noir est-il la couleur de la nuit, ce que contredit la Nuit étoilée de Van Gogh ? « Que devient le regard quand la lumière s’absente ? Que voit-on dans l’ombre ? » (Milner). L’image disparaît-elle au profit de la matière, de l’informe, de la sensation, de l’espace sans repère ? L’esthétique de la nuit au Japon et en Corée, les réalisations du groupe Etoiles dans la Chine de la fin des années 1970 lèvent un voile tout en suggérant un foisonnement de chemins possibles. Enfin, le rêve survenant la nuit, si prégnant en Inde par exemple, relève-t-il seulement du royaume de l’inconscient ?

La nuit passionne et évolue selon nos modes de vie : la nuit urbaine électrique, les divertissements ont été poétisés par les photographies de Brassaï, le film Minuit à Paris de Woody Allen…

La persistance de la nuit en tant que source d’inspiration confine à une question lancinante posée à l’expression artistique. Afin d’apporter des éléments de réponse à ces premières interrogations, non exhaustives, ce séminaire se propose d’aborder la thématique de la nuit par l’entremise de réalisations artistiques et littéraires venues d’horizons divers, en privilégiant le partage des visions entre les arts et les cultures, qu’il soit inhérent à la communication elle-même (Ainsi la nuit de Dutilleux d’après La nuit étoilée de Van Gogh, Haiga-s de Ion Codrescu sur des Nocturnes de Chopin, poèmes chinois sur le jeu musical la nuit…) ou élaboré en duos de communications.

Prochaines séances programmées le 20 novembre et le 18 décembre en ligne (il reste une place le 18/12), puis aux dates suivantes (toutes les dates sont a priori disponibles) :

– Vendredi 15/01/2021
– Vendredi 05/02/2021
– Vendredi 12/03/2021
– Vendredi 09/04/2021
– Vendredi 14/05/2021
– Vendredi 11/06/2021

Responsable
Marie Laureillard et Patrick Otto

URL de référence
https://langarts.hypotheses.org/3710

Adresse
Paris (Maison de la Recherche de la Sorbonne) ou en ligne

Photo « à la une » : Bill Viola, The Sleep of Reason, 1988, Video/sound installation continuously running © Kira Perov

Appel à communication. Colloque « Bande dessinée en Asie de l’Est »

L’approche principale de ce colloque met l’accent sur un espace géographique qui se caractérise par une certaine homogénéité culturelle et linguistique — la bande dessinée est en effet désignée par des termes voisins dans le manga japonais, le manhua chinois et le manhwa coréen. Cette unité, marquée notamment par l’usage tant en chinois qu’en japonais des idéogrammes 漫画, s’accompagne d’une cohésion narrative, dans la mesure où nombre de récits traditionnels transnationaux, tels que La Pérégrination vers l’Ouest, sont réadaptés et réappropriés de multiples fois par des auteurs ou autrices de ces différents pays. La recherche en bande dessinée européenne a déjà pu penser la BD au niveau continental, élargissant le traditionnel couple franco-belge aux productions suisses, voire italiennes, allemandes, ou autres. À l’heure où les études sur la bande dessinée chinoise et coréenne se multiplient, il devient aujourd’hui possible d’aborder la bande dessinée asiatique comme un objet complet, ainsi que l’a montré récemment Paul Gravett avec l’exposition Mangasia organisée à Nantes en 2018. Ce néologisme proposé comme titre de l’exposition consacre cependant la place dominante du Japon et du manga au détriment d’autres aspects de la bande dessinée est-asiatique. S’il est vrai que le Japon est à l’origine d’une certaine unification culturelle dans la première moitié du XXe siècle, d’autres traditions de littérature dessinée ont existé et existent toujours dans les mondes chinois ou coréens. Il ne s’agira donc pas d’étudier la bande dessinée asiatique à l’aune du manga, mais bien d’analyser les différentes formes de bande dessinée qui émergent et se transforment en Asie de l’Est depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Le colloque sera organisé autour de deux axes principaux, l’un historique, l’autre formel. Dans un premier temps, nous invitons les participants à revenir sur l’histoire du médium « bande dessinée » sur les différents territoires abordés lors du colloque (Japon, Corée, Chine, Taïwan, Hong Kong), en s’intéressant aux conditions de son émergence, à ses évolutions et aux possibles coups d’arrêt qu’il a pu connaître ; on pourra également retracer l’histoire de ce que l’on appelle parfois « proto-BD » en étudiant les productions graphiques qui précèdent et accompagnent la naissance du médium. Il sera particulièrement intéressant d’étudier les points de rencontre entre les différentes traditions nationales de bande dessinée et les possibles hybridations qu’ils occasionnent. Après avoir également traité des multiples classifications génériques (bande dessinée pour enfant, d’humour, de propagande, de science-fiction, de l’écriture de soi, d’aventure, d’horreur, érotique, fantastique, historique, etc.) et de leur évolution autant que de leur intrication, cet axe d’analyse sera en outre l’occasion d’explorer une socio-histoire de la bande dessinée en Asie de l’Est. Il s’agira alors d’étudier le vaste champ des acteurs et actrices de la bande dessinée (auteurs, dessinateurs, scénaristes, maisons d’éditions, librairies spécialisées, etc.) ainsi que celui du lectorat, qui peut certes se confondre avec le premier, mais qui permet aussi d’évaluer la popularité changeante du médium selon les époques ou selon les catégories de population concernées. Dans un second temps, les participants au colloque seront amenés à s’intéresser aux caractéristiques formelles de l’œuvre de bande dessinée et à son fonctionnement, notamment à travers sa dimension texte-image. La question de la forme étant très liée à celle du support, il faudra aussi examiner les matérialités plurielles du médium (presse, album, numérique, autres) ainsi que la potentielle patrimonialisation des œuvres, des planches ou des dessins, qui se trouvent exposés dans des musées et deviennent œuvres d’art à part entière. Cette ambiguïté intermédiale entre peinture et bande dessinée est également l’occasion d’aborder les rapports de la BD aux autres arts, avec lesquels ou contre lesquels elle se construit. L’analyse du médium « bande dessinée » en soi puis au sein de chaque champ médiatique national permet enfin de s’interroger sur sa place ou sur son rôle, et d’explorer, tout en reconnaissant le caractère fondamentalement hétérogène de l’univers médiatique, les possibilités de dynamiques transmédia, qui passent par le théâtre, le cinéma, le dessin animé, le jeu vidéo, ou encore la constitution d’une franchise. À travers ces deux axes, historique et formel, il sera ainsi possible d’étudier en profondeur la bande dessinée est-asiatique dans toutes ses qualités.

Nous ferons également un point sur la réception de la bande dessinée asiatique en France en évoquant les aspects traductologiques et éditoriaux. Des ateliers de création en présence de créateurs seront organisés.

Comité scientifique

Norbert Danysz (ENS Lyon, IAO)
Jacques Dürrenmatt (Sorbonne Université, STIH)
Marie Laureillard (Université de Lyon, IAO, CEEI)
Cécile Sakai (Université de Paris – Paris Diderot, CRCAO, CEEI)
Marianne Simon-Oikawa (Université de Tokyo, CEEI)

Avec le soutien du CEEI.