Appel à communication. Seconde édition « Assises de l’Anthropologie de la Chine en France »

Les premières « Assises de l’Anthropologie de la Chine en France », qui se sont tenues les 6, 7 et 8 septembre 2017 à l’INALCO, ont rassemblé trente chercheurs et ont permis de réunir les anthropologues français et francophones spécialistes de diverses facettes du monde chinois provenant de différentes institutions. Ces rencontres ont aussi favorisé l’émergence de nouveaux réseaux tout en donnant l’occasion de souligner la diversité des recherches et des terrains. C’est pourquoi cette expérience va être renouvelée dans une seconde édition prévue pour les 16, 17 et 18 juin 2021, et sous un nouvel intitulé : « Assises de l’Anthropologie Française des Mondes Chinois » (AAFMC). L’expression « les mondes chinois » vise à englober tout aussi bien les sociétés chinoises des deux républiques – RPC et Taiwan –, les sociétés minoritaires et les diasporas anciennes ou plus récentes à l’échelle du monde.

Envisagé comme un état des lieux et un espace d’échange pour les recherches en langue française en ethnologie des mondes chinois, ce colloque est ouvert à l’ensemble des spécialistes dont les recherches, basées sur des enquêtes de terrain et menées en langues vernaculaires, s’inscrivent pleinement dans une démarche ethnographique. L’objectif premier de ces rencontres est d’abord disciplinaire et vise à mettre en avant l’apport de l’anthropologie française sur les mondes chinois. Il s’agira aussi de montrer comment elle contribue à l’anthropologie en général et à la sinologie. Les difficultés et les exigences particulières des enquêtes en terrains chinois seront débattues. Les doctorants et les anthropologues sinologues spécialistes de toutes les composantes du monde chinois auront ainsi l’occasion de discuter ensemble de leurs recherches. À l’issue du colloque, des actes réunissant une sélection d’articles seront publiés.

Le colloque se tiendra en session plénière pour que tous les participants puissent assister à l’ensemble des interventions. Les communications de 20 minutes par personne seront suivies de dix minutes de questions. Des ateliers et tables rondes thématiques seront prévues selon les propositions reçues, les participants sont libres de proposer les thèmes d’interventions qui leur tiennent à cœur.

Une aide logistique pour les transports pourra être fournie aux doctorants venant de province ou de pays européens qui en feront la demande.

Nouveau planning :

– 11 mai 2020 : rediffusion de l’appel AAFMC
– 20 janvier 2021 : clôture de réception des propositions d’intervention
– 1er février 2021 : envoi des acceptations de participation
– 16, 17 et 18 juin 2021 : colloque (auditorium de l’INALCO, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris)

Les propositions sont à envoyer à l’adresse suivante : appel.aafmc.2020@gmail.com

Comité d’organisation :

Catherine Capdeville-Zeng (CNRS FRE 2025 IFRAE, INALCO)
Caroline Bodolec (CNRS UMR 8173 CCJ, EHESS)
Gladys Chicharro (EA 3971 EXPERICE, Université Paris 8)
Adeline Herrou (CNRS UMR 7186 LESC, Université Paris Nanterre)
Claire Vidal (CNRS UMR 5062 IAO, Université Lumière Lyon 2)

Télécharger l’appel à participation en version pdf

Appel à communication. Colloque « Bande dessinée en Asie de l’Est »

L’approche principale de ce colloque met l’accent sur un espace géographique qui se caractérise par une certaine homogénéité culturelle et linguistique — la bande dessinée est en effet désignée par des termes voisins dans le manga japonais, le manhua chinois et le manhwa coréen. Cette unité, marquée notamment par l’usage tant en chinois qu’en japonais des idéogrammes 漫画, s’accompagne d’une cohésion narrative, dans la mesure où nombre de récits traditionnels transnationaux, tels que La Pérégrination vers l’Ouest, sont réadaptés et réappropriés de multiples fois par des auteurs ou autrices de ces différents pays. La recherche en bande dessinée européenne a déjà pu penser la BD au niveau continental, élargissant le traditionnel couple franco-belge aux productions suisses, voire italiennes, allemandes, ou autres. À l’heure où les études sur la bande dessinée chinoise et coréenne se multiplient, il devient aujourd’hui possible d’aborder la bande dessinée asiatique comme un objet complet, ainsi que l’a montré récemment Paul Gravett avec l’exposition Mangasia organisée à Nantes en 2018. Ce néologisme proposé comme titre de l’exposition consacre cependant la place dominante du Japon et du manga au détriment d’autres aspects de la bande dessinée est-asiatique. S’il est vrai que le Japon est à l’origine d’une certaine unification culturelle dans la première moitié du XXe siècle, d’autres traditions de littérature dessinée ont existé et existent toujours dans les mondes chinois ou coréens. Il ne s’agira donc pas d’étudier la bande dessinée asiatique à l’aune du manga, mais bien d’analyser les différentes formes de bande dessinée qui émergent et se transforment en Asie de l’Est depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Le colloque sera organisé autour de deux axes principaux, l’un historique, l’autre formel. Dans un premier temps, nous invitons les participants à revenir sur l’histoire du médium « bande dessinée » sur les différents territoires abordés lors du colloque (Japon, Corée, Chine, Taïwan, Hong Kong), en s’intéressant aux conditions de son émergence, à ses évolutions et aux possibles coups d’arrêt qu’il a pu connaître ; on pourra également retracer l’histoire de ce que l’on appelle parfois « proto-BD » en étudiant les productions graphiques qui précèdent et accompagnent la naissance du médium. Il sera particulièrement intéressant d’étudier les points de rencontre entre les différentes traditions nationales de bande dessinée et les possibles hybridations qu’ils occasionnent. Après avoir également traité des multiples classifications génériques (bande dessinée pour enfant, d’humour, de propagande, de science-fiction, de l’écriture de soi, d’aventure, d’horreur, érotique, fantastique, historique, etc.) et de leur évolution autant que de leur intrication, cet axe d’analyse sera en outre l’occasion d’explorer une socio-histoire de la bande dessinée en Asie de l’Est. Il s’agira alors d’étudier le vaste champ des acteurs et actrices de la bande dessinée (auteurs, dessinateurs, scénaristes, maisons d’éditions, librairies spécialisées, etc.) ainsi que celui du lectorat, qui peut certes se confondre avec le premier, mais qui permet aussi d’évaluer la popularité changeante du médium selon les époques ou selon les catégories de population concernées. Dans un second temps, les participants au colloque seront amenés à s’intéresser aux caractéristiques formelles de l’œuvre de bande dessinée et à son fonctionnement, notamment à travers sa dimension texte-image. La question de la forme étant très liée à celle du support, il faudra aussi examiner les matérialités plurielles du médium (presse, album, numérique, autres) ainsi que la potentielle patrimonialisation des œuvres, des planches ou des dessins, qui se trouvent exposés dans des musées et deviennent œuvres d’art à part entière. Cette ambiguïté intermédiale entre peinture et bande dessinée est également l’occasion d’aborder les rapports de la BD aux autres arts, avec lesquels ou contre lesquels elle se construit. L’analyse du médium « bande dessinée » en soi puis au sein de chaque champ médiatique national permet enfin de s’interroger sur sa place ou sur son rôle, et d’explorer, tout en reconnaissant le caractère fondamentalement hétérogène de l’univers médiatique, les possibilités de dynamiques transmédia, qui passent par le théâtre, le cinéma, le dessin animé, le jeu vidéo, ou encore la constitution d’une franchise. À travers ces deux axes, historique et formel, il sera ainsi possible d’étudier en profondeur la bande dessinée est-asiatique dans toutes ses qualités.

Nous ferons également un point sur la réception de la bande dessinée asiatique en France en évoquant les aspects traductologiques et éditoriaux. Des ateliers de création en présence de créateurs seront organisés.

Comité scientifique

Norbert Danysz (ENS Lyon, IAO)
Jacques Dürrenmatt (Sorbonne Université, STIH)
Marie Laureillard (Université de Lyon, IAO, CEEI)
Cécile Sakai (Université de Paris – Paris Diderot, CRCAO, CEEI)
Marianne Simon-Oikawa (Université de Tokyo, CEEI)

Avec le soutien du CEEI.