La caricature en Asie de l’Est : regards croisés

Présentation :

La caricature peut se définir comme une œuvre graphique déformant comiquement les traits d’un individu et, par extension, comme la présentation exagérée d’une réalité, selon le Dictionnaire d’esthétique et de philosophie de l’art (Armand Colin, 2007). Par l’amplification, le décalage, le détournement, elle transgresse les codes figuratifs et esthétiques habituels. La situation d’un personnage ou la présence de certains attributs peuvent également contribuer à cette forme de subversion. « La caricature, en délégitimant les codes de représentation au plan artistique comme au plan social, participe de l’invention d’un art véritablement nouveau et susceptible d’être populaire. » (Ségolène Le Men).

Or la compréhension de ces codes et l’appréciation de ses outrances reposent sur certaines références culturelles. Un Japonais rira-t-il d’une caricature française ? Un Allemand percevra-t-il toutes les subtilités d’un dessin d’humour chinois ?

Dans le sillage de L’image railleuse (sous la direction de Laurent Baridon, Frédérique Desbuissons et Dominic Hardy, INHA, 2019), l’objet de ce colloque est d’envisager la notion de caricature selon une perspective large, décentrée, et de s’interroger sur les spécificités de cet art en Asie orientale. Nous retiendrons surtout ici l’élément satirique. Si l’exagération est perceptible, on veillera à ce qu’elle soit intentionnelle, et qu’elle revête une signification comique, parodique, voire critique. Les dessins de presse, qui se répandent dans le monde entier à partir de la fin du XIXe siècle, relèvent d’un imaginaire global, comme le montre bien un ouvrage comme Asian Punches: A Transcultural Affair (Hans Harder & Barbara Mittler (dir.), Springer, 2013) : on pourra poursuivre ces investigations, mais on pourra également se pencher sur des images plus anciennes. Ainsi, des ouvrages comme Ukiyo-e Caricatures dirigé par Noriko Brandl et Sepp Linhart (Brill, 2013) ou Ôtsu-e : Imagerie populaire du Japon de Christophe Marquet (Picquier, 2015) n’hésitent pas à qualifier les images populaires japonaises de « caricatures », dans la mesure où leur immédiateté et leur efficacité ne le cèdent en rien à celles de leurs homologues modernes.

Il s’agira ici d’explorer plus avant la caricature en Asie orientale (Chine/Taiwan, Corée, Japon, Vietnam, etc.) à travers le temps et l’espace. Les croisements de regards, les effets de miroir entre Extrême-Orient et Occident pourront également être considérés, ou encore l’image de l’Asie orientale dans la caricature occidentale (ou inversement). Ainsi, le colloque accueillera des communications portant sur des périodes, des cultures et des aires géographiques variées, qui pourront relever de disciplines aussi diverses que l’histoire de l’art, la théorie des médias, l’histoire sociale, politique et culturelle, la psychanalyse, etc.

Les propositions de communication (titre, résumé de 300 mots environ, brève notice bio-bibliographique, affiliation, coordonnées), sont à envoyer au plus tard le 15 septembre 2020, simultanément, aux deux adresses suivantes :

  • laurent.baridon@univ-lyon2.fr
  • marie.laureillard@univ-lyon2.fr

    La réponse sera communiquée le 15 octobre 2020.

Comité scientifique :

Laurent Baridon, Laurence Danguy, Martial Guédron, Dominic Hardy, Marie Laureillard, Ségolène Le Men, Chiaomei Liu, Christophe Marquet, Barbara Mittler

Institutions organisatrices :

  • Institut d’Asie orientale (IAO)
  • LARHRA
  • Centre d’Étude de l’Écriture et de l’Image

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Caricature in East Asia:
crossed perspectives


International conference, Tuesday 26 and Wednesday 27 January 2021, IAO (Lyon Institute of East Asian Studies), ENS de Lyon, 15 parvis René Descartes, 69007 Lyon.

Organization: Laurent Baridon (Lyon 2 University, LARHRA) and Marie Laureillard (Lyon 2 University, IAO)

Presentation :

Caricature can be defined as a graphic work comically distorting an individual’s features and, by extension, as an exaggerated representation of a reality, according to the Dictionary of Aesthetics and Philosophy of Art (Armand Colin, 2007). Through amplification, shift, reversal, caricature transgresses the usual figurative and aesthetic codes. The situation of a character or the presence of attributes can also contribute to this form of subversion. “Caricature, by delegitimizing artistic and social codes of representation, is part of the invention of a truly new art that is likely to be popular.”(Ségolène Le Men).

However, the ability to understand these codes and to evaluate their outrageousness is based on cultural references. Will a Japanese viewer laugh at a French cartoon? Will a German understand all the intricacies of a Chinese humor drawing?

In the wake of The Mocking Picture (edited by Laurent Baridon, Frédérique Desbuissons, and Dominic Hardy, INHA, 2019), the purpose of this conference is to consider the concept of caricature from a broad, decentralized perspective, and to ponder the specificities of this art in East Asia. Above all, we will focus on the satirical dimension. We will make sure that exaggeration is intentional, and that it has a comic, parodic, even critical meaning. Press cartoons, which spread throughout the world from the end of the 19th century, reflect a global imagination, as Asian Punches: A Transcultural Affair (Hans Harder & Barbara Mittler (dir. ), Springer, 2013) has shown. We could conduct further investigation, but we may also focus on older pictures. Thus, works like Ukiyo-e Caricatures edited by Noriko Brandl and Sepp Linhart (Brill, 2013) or Ôtsu-e: Popular Imagery of Japan by Christophe Marquet (Picquier, 2015) do not hesitate to describe Japanese popular images in terms of “caricatures ”, because their immediacy and effectiveness remind of those of their modern counterparts.

The aim is to explore further the caricature in East Asia (China / Taiwan, Korea, Japan, Vietnam, etc.) through time and space. Crossed perspectives, mirror effects between the Far East and the West are also eligible, as well as the image of East Asia in the Western caricature (or vice versa). Thus, the conference will welcome communications spanning over various periods, cultures and geographic areas, coming from a variety of disciplines ranging from art history, media theory to social, political, cultural history, psychoanalysis, etc.

Communication proposals (title, abstract of about 300 words, short bio-bibliographic notice, affiliation, contact details) must be sent at the latest on September 15, 2020, simultaneously, to the following two addresses:

  • Laurent.baridon@univ-lyon2.fr
  • Marie.laureillard@univ-lyon2.fr

The answer will be given on October 15, 2020.

Scientific committee:

Laurent Baridon
Laurence Danguy
Martial Guédron
Dominic Hardy
Marie Laureillard
Ségolène Le Men
Chiaomei Liu
Christophe Marquet
Barbara Mittler

Organizing institutions:

  • Lyon Institute of East Asian Studies (IAO)
  • LARHRA
  • Center for the Study of Writing and the Image (CEEI)

WORCK Meeting

The COST Action “Worlds of Related Coercions in Work” (WORCK) calls for a radical change of perspective in labour history. It links the stories of work and production with those of violence, expropriation and marginalisation.

By studying the persistence and transformations of coercion and bondage across gender orders, geographic regions and historical eras, WORCK shifts the focus of labour history: Neither the male-breadwinner model nor the free wage labourer or the capitalist mode of production can form the blueprint for this new history of WORCK. Instead, a deeper understanding of the mechanisms of coercion in all work relations throughout history is the pivot of this endeavour.

By detecting the “logic of deployment” (Banaji 2010) in a long-term and global perspective, WORCK seeks to move beyond the analytical framework of the modern West. Radical historicisation shall help to reconceptualise labour history as a specific approach to social history and to link the study of the past with current debates on social inequalities and the flexibilisation and precarisation of work worldwide.

More information : https://www.worck.eu/

Projection-débat « Les Âmes mortes » de Wang Bing

Mercredi 26 février 2020

17h : Lancement du « Yamagata Chronicles » (journal étudiant du festival de Yamagata)
17h30 : Présentation de Les Âmes mortes de Wang Bing (2018, 7h11), par Clément Dumas (doctorant contractuel Université Paris 1 / IAO)
18h : Projection de la première partie (3h40)

Jeudi 27 février 2020

9h : Projection de la deuxième partie (3h30)
12h30 : Discussion-débat

Journée d’études. Écritures picturales pseudographies, métagraphies, asémies

Ce phénomène d’insertion des écritures dans l’espace plastique apparu très tôt au XXe siècle sous la forme des écritures imagées de Klee ou Miró précèdent l’invention de pseudo-écritures ultérieures plus réfléchies: Xul Solar produit un système de signes organisés ; Torres-García empruntera à l’art précolombien des éléments iconiques ou symboliques pour créer un simili-langage.

Plusieurs artistes ont déjà fait l’objet d’études spécifiques ou élargies par des chercheurs du Centre d’étude de l’écriture et de l’image dont certains participent à cette journée (Florence Renner, Narmine Sadeg, Márcia Arbex-Enrico, Hélène Campaignolle, Marie Laureillard). La question de l’influence des systèmes d’écriture sur les manifestations plastiques d’une culture a par ailleurs été abordée par Anne-Marie Christin dans ses dernières recherches sur l’imaginaire lettré et les générations de l’écriture.

La spécificité de cette journée d’étude sera d’associer une perspective historique sur les usages artistiques de l’écriture, à une interrogation théorique et pratique sur les fondements de ce voisinage ou mixité entre éléments de l’écriture et composants de l’espace pictural. L’éclairage comparatiste permettra aussi d’aborder des études de cas issus de plusieurs territoires linguistiques et culturels. Une partie des échanges sera ainsi consacrée à l’artiste chinois Wu Hua, auteur de « graphimages », et à plusieurs réinventions graphiques du XXe siècle interrogeant le sémantisme de l’écriture (Max Ernst, Isidore Isou, Maurice Levy). La journée s’achèvera sur les présentations des oeuvres de Catherine Denis et Myriam El Haïk.

AIxSF: Writing, Drawing & Translating Artificial Intelligence in Science Fiction

Dans une perspective transculturelle, ce workshop international s’intéresse aux représentations de l’intelligence artificielle dans la science-fiction. Il entend apporter un éclairage nouveau à la question de l’IA en explorant la façon dont la SF non anglophone en imagine les possibles impacts socio-culturels, économiques et politiques. Il examinera ainsi en particulier des œuvres de SF chinoise et japonaise – littérature & manga (en traduction) – mais aussi les discours techniques et politiques sur l’IA, afin d’envisager de nouvelles formes de l’imaginaire posthumain.

Ces différentes manifestations sont ouvertes à toutes et tous !

Consulter le programme

Atelier Master Anthropologie – Recherches sur l’Asie

9h00 : Accueil et petit-déjeuner

9h30 – 10h30 :
Camille Evrard, « Le quotidien des femmes dans le Temple Teochew à Paris »

10h30 – 11h30 :
Hamidou Hamid-Ibrahim, « La vie d’un laboratoire de biologie végétale à Pékin »

11h30 – 12h30 :
Thomas-Charles Baraona, « Le quartier des Otakus de Tokyo et ses visiteurs »

12h30-14h : Pause déjeuner

14h00 – 14h30 :
Présentation et visite des fonds documentaires de l’IAO, par François Guillemot et Zhang Yu

14h30 – 15h30 :
Tatiana Tepliashina, « Les mouvements de la jeunesse communiste à Hanoï »

15h30-17h00 : Discussion collective, « En terrain asiatique »

Chacun des contributeurs devra présenter ses recherches durant 20 minutes. Suivra une discussion collective de 35 minutes.

 

Corps des dieux, gestes des hommes : recherches préliminaires sur les faiseurs d’images bouddhiques en Asie

En présence de : Alexandra de Mersan (INALCO / CASE ), Fabienne Jagou (EFEO / IAO), Mary Picone (EHESS / CCJ), Kunsang Namgyal Lama (membre associée au CEH), Christine Vial Kayser (ICP Paris / chercheure associée au CREOPS) et Claire Vidal (ULL2 / IAO).

Programme :

10h-10h30 – Accueil et mot introductif sur les visées du programme Impulsion

10h30-11h – De la multiplication des Mahamuni en Birmanie, Alexandra de Mersan (INALCO / CASE)
Mon propos portera sur la multiplication des statues de Mahamuni après la prise de la statue par les Birmans. Plus généralement, je m’interrogerai sur les motifs et les enjeux de cette multiplication ainsi que sur l’abondance de récits autour de la (des) statue(s) de Mahamuni.

11h-11h30 – Le village de Chongshan (Suzhou, Jiangsu). Spatialité de la création des bouddhas en Chine Claire Vidal (ULL2 / IAO)
Dans le district de Guangfu (Jiangsu, Chine), le village de Chongshan est un espace entièrement dédié à la production de statues d’êtres divins du panthéon bouddhique. Situé relativement à l’écart du tourisme et des politiques de patrimonialisation, il est un lieu de vie pour des familles de sculpteurs dont certaines sont multi-générationnelles et un lieu de travail pour des entrepreneurs venus y établir leur petite fabrique. Partant d’une enquête ethnographique exploratoire menée dans un atelier de sculpteurs, j’interrogerai les aspects sociologiques et économiques de la création des bouddhas et des bodhisattva à travers le prisme spatial, car si Chongshan apparaît à première vue comme un petit village isolé, il fait en réalité partie d’un réseau d’espaces de création qui s’inscrit dans l’histoire de la région de Suzhou réputée pour ses savoir-faire artisanaux anciens.

11h30-12h – Les corps bouddhiques momifiés à Taïwan, Fabienne Jagou (EFEO / IAO)
À Taïwan, une famille d’artisans participe à la préparation des corps bouddhiques préservés à la demande des fidèles afin qu’ils soient exposés. Cependant, l’environnement ou la mauvaise conservation appelle aussi à l’élaboration de nouvelles techniques relevant du métier de sculpteur afin de rendre le corps bouddhique visible, comme ce fut le cas pour le corps du Kanjurwa Qutuqtu (1914-1978). Quelles sont alors les techniques utilisées ? Quelles sont les implications de ces adaptations quant à l’exposition proprement dite de la momie et de sa valeur spirituelle ?

Buffet déjeunatoire (12h00-13h30)

13h30-14h – Images de Bouddha et nouvelles formes de reliques, Mary Picone (EHESS / CCJ)
Il est possible de dénombrer au Japon trois tentatives entre la fin du XIXe siècle et 1940 pour créer des sculptures de bouddhas contenant des cendres de fidèles ou composés presque entièrement de celles-ci ; la plus connue est la succession d’okotsubotoke (« Bouddhas d’os ») du temple Isshinji (Osaka) façonnée par une famille de sculpteurs d’images bouddhiques. À partir des années 1980, une quinzaine environ d’autres temples ont suivi cet exemple ; j’ai réalisé un terrain dans la région de Kansai et interrogé les prêtres. Ce nouveau type d’images soulève des questions concernant les relations locales entre les laïcs et le clergé dans le contexte de la crise du funéraire et reflète aussi la possibilité d’une réinterprétation contemporaine du concept de « relique ». Bien que les recherches historiques sur les reliques, notamment en Chine et au Tibet, se poursuivent, il n’existe aucune donnée sur ce thème à partir de l’époque d’Edo (à l’exception de quelques rares cas d’auto-momification). Une des questions que l’on peut se poser est la suivante : dans quelle mesure compacter les cendres pour qu’elles prennent la forme d’un Bouddha suffit-il aujourd’hui à donner aux restes d’un individu ordinaire le statut de relique ?

14h30-15h – La production d’images au bénéfice du défunt : les tsha tsha funéraires du monde tibétain, Kunsang Namgyal Lama (membre associée au CEH)
Dans le contexte du bouddhisme tibétain, l’une des dernières phases du rituel funéraire comprend fréquemment la fabrication d’images en argile, appelées tsha tsha, susceptibles de contenir les cendres de crémation et les os pulvérisés du défunt. Ces restes corporels considérés comme impurs doivent être nécessairement purifiés par un rituel spécifique, avant leur incorporation dans l’argile et leur moulage sous forme de stūpa ou de divinités. Leur fabrication, générant des mérites et divers bienfaits, est censée favoriser une bonne renaissance au défunt. À travers la présentation du rituel de fabrication prescrit dans les sources canoniques et par des auteurs tibétains, nous verrons que ces images bouddhiques qui doivent être consacrées au moyen d’une procédure relativement complexe, ont un statut différent selon qu’elles contiennent les restes d’un simple laïc ou ceux d’un maître religieux éminent.

15h-15h30 – Le vocabulaire de l’art contemporain au service d’un bouddhisme aniconique, Christine Vial Kayser (ICP Paris / chercheure associée au CREOPS)
De Qiu Zhijie à Huang Yong Ping, comment l’art contemporain magnifie ou déconstruit les images du bouddhisme Mahayana au service d’un bouddhisme aniconique et révèle la manipulation des images ?

Pause café (15h30-16h)

16h-16h30 – Brève présentation des travaux de : Marie Laureillard (ULL2 / IAO) et Ko Peiyi (doctorante UPN / LESC)

16h30-17h30 – Discussion finale

2e rencontre IAO / IrAsia

Programme

– 10h30-11h00 : Présentation du poster Digital Indochina (Laurent Gédéon, François Guillemot, Estelle Senna) exposé à l’ENS de Lyon
– 11h00-11h30 : Présentation des projets en cours de l’IAO (Béatrice Jaluzot, Arnaud Nanta)
– 11h40-12h30 : Nguyen Phuong Ngoc, « La littérature comme source pour l’histoire des migrations et de la société vietnamienne : le cas du roman Tay Phuong My Nhon (1927) de Huynh Thi Bao Hoa”

12h30-14h00 : pause repas

– 14h00-14h15 : Présentation des projets en cours de l’IrAsia (Nguyen Phuong Ngoc, directrice)
– 14h30-15h30 : Olivier Bailble, “Analyse des différents types de chinois classique en coréen: focus sur les matériaux de types pré-idu issus du Koguryo”.
– 15h30-16h30 : Ken Daimaru, “La santé des populations militaires dans le Japon impérial”.

16h30-17h15 : Visite de la bibliothèque de l’IAO et de la salle Histoire de la BDL.